Témoignages

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Préambule

Voici deux exemples de situations réelles qui se sont déroulée lors des visites du clown à l'hôpital. Pour des raisons liées à la déontologie les prénoms des patientes ont été changés.

Visite de la chambre de Sophie

En examinant la situation au seuil de la porte de la chambre je vois une fillette de 5 ans environ, assise sur son lit, les yeux dans le vague. A coté, sa mère est assise et se tient courbée la tête dans les mains. Je fais hum hum pour annoncer ma présence, la mère se redresse et m’accorde un petit sourire, la fillette n’a aucune réaction et continue à fixer le mur en face d’elle. Je pose mon mini rikiki parapluie de clown et je me mets à jongler. Je rentre en observant la fillette (oui je peux jongler tout en regardant autre chose que mes baballes) Aucune réaction. Je me poste en face d’elle et pas plus de réaction. J’envoie une des balles à la mère de la fillette en disant « attrape la balle » puis « renvois la balle » tout en continuant à jongler. Pas de réaction de la petite patiente. Alors je passe devant le lit ou est installée Sophie et patatra, je tombe par terre comme si elle m’avait fait un croche-pied. Miracle, les yeux de Sophie s’allument et elle rit. J’ai recommencé ce manège 20 fois avec le même résultat. La maman de Sophie étonnée m’annonce alors que sa fille a été victime d’un A.V.C. il y a 5 jours et que c’était sa première réaction depuis ce malheureux événement. Cela m’a profondément marqué et je me suis senti plus utile que quand je fais un spectacle pour des gosses de gens aisés.

Visite de la chambre de sabine

En examinant la situation au seuil de la porte de la chambre je vois une jeune patiente de 10 ou 12 ans alitée et regardant le plafond. Sa mère assise à coté la regarde. Sabine est handicapée. Elle remarque ma présence et ses yeux se mettent à pétiller. S’engage alors un dialogue verbal improvisé. La jeune fille à un très gros problème d’élocution mais je parviens quand même à la comprendre. Et nous voilà en train de blaguer, de surenchérir dans l’humour, elle m’appelle « mon p’tit gars » et nous voilà tous les trois à rire à gorge déployée ce qui interpelle le personnel soignant. Voilà un, deux, puis quatre personnes du service qui passent le nez par la porte et entrent. Tous sont partagés entre le rire et l’étonnement. Pendant 15 minutes les traits d’humour se succèdent. On va chercher un petit cadeau pour Sabine « parce qu’un clown ca doit faire une surprise et mon p’tit gars, une surprise, ca doit être un cadeau ». En sortant de la chambre le personnel soignant me coince en me demandant comment j’ai fait. Je suis étonné et je demande :comment j'ai fait quoi ? On me dit que c’est la première fois que Sabine s’exprimait dans le service et qu’eux n’étaient pas arrivés à lui faire dire une phrase malgré tous leurs efforts pour communiquer avec cette patiente. Je réponds que je ne sais pas comment j'ai fait, je me suis juste laissé aller, je suis un clown c’est tout et c'est peut être pour ça..